Changements dans la prescription d'opioïdes pendant la pandémie
Une étude examine les prescriptions d'opioïdes en Angleterre face aux défis du COVID-19.
― 8 min lire
Table des matières
- Conception de l'étude
- Collecte et partage de données
- Population de l'étude
- Définition des opioïdes
- Compréhension des caractéristiques de la population
- Changements dans les habitudes de prescription d'opioïdes
- Personnes vivant en maisons de soins
- Différences de prescription selon les données démographiques
- Conclusions et perspectives futures
- Source originale
- Liens de référence
En Angleterre, un bon nombre d'adultes ont reçu des Prescriptions pour des Opioïdes, un type de médicament antidouleur costaud, en 2017/18. Ces médocs peuvent bien traiter certaines douleurs, comme celles causées par des blessures, le cancer, ou en fin de vie, mais souvent, on les prescrit trop facilement pour des douleurs chroniques qui n'ont rien à voir avec le cancer. Pour la douleur chronique, il n'y a pas énormément de preuves que les opioïdes fonctionnent bien, et les pros de la santé recommandent en général de ne pas les utiliser.
La pandémie de COVID-19 a entraîné pas mal de changements dans l'accès aux soins, y compris des retards pour obtenir des médocs et consulter des médecins. Certains groupes ont été plus touchés pendant cette période, notamment les femmes, les minorités ethniques et les personnes âgées. Ces mêmes groupes sont aussi plus susceptibles de rencontrer des problèmes liés à l'utilisation des opioïdes.
Des recherches de différents pays ont montré que les habitudes de prescription d'opioïdes ont changé pendant la pandémie, souvent d'une manière qui ne respecte pas les meilleures pratiques. Par exemple, une étude au Canada a révélé une hausse des prescriptions d'opioïdes pour les gens vivant dans des maisons de soins, qui sont déjà à risque de subir des effets néfastes de ces médocs. De même, aux États-Unis, on a remarqué un passage notable des thérapies physiques aux prescriptions d'opioïdes pour soulager la douleur, probablement à cause de l'augmentation des services de santé à distance pendant la pandémie. Des données canadiennes ont aussi montré que les taux de surdose et de décès dus aux opioïdes ont augmenté de manière inattendue pendant cette période.
Au Royaume-Uni, bien que certaines études aient examiné les changements de prescription pour divers types de médicaments, il n'y a pas eu d'étude approfondie sur comment les prescriptions d'opioïdes ont changé spécifiquement dans la population générale ou parmi les groupes à risque plus élevé. Étant donné les dangers d'une prescription excessive d'opioïdes, surtout pour les groupes vulnérables, cette étude avait pour but de scruter les changements pendant la pandémie de COVID-19. Le focus était sur trois mesures clés : 1) le nombre de personnes recevant des prescriptions d'opioïdes ; 2) le nombre de nouvelles prescriptions ; et 3) comment ces changements variaient selon les différents groupes Démographiques.
Conception de l'étude
Pour mener l'étude, les chercheurs ont analysé des données de janvier 2018 à juin 2022. Ils ont défini deux périodes cruciales : la « période de restrictions » commençant en mars 2020, quand le Royaume-Uni a commencé à imposer des confinements, et la « période de récupération » débutant en avril 2021, quand les services non essentiels ont lentement rouvert.
Collecte et partage de données
Les données utilisées dans l'étude proviennent des dossiers de soins primaires gérés par un fournisseur de logiciel spécifique et liés aux statistiques nationales de décès. L'analyse a été réalisée de manière sécurisée, garantissant la confidentialité des données des Patients. Les données comprenaient des informations codées sur les diagnostics, les médicaments et des indicateurs de santé clés, mais ne contenaient aucun texte libre, ce qui pourrait révéler l'identité des patients. L'équipe de l'étude a rendu le code et la méthodologie accessibles au public pour la transparence et la réutilisation.
Population de l'étude
L'étude a porté sur tous les adultes qui ont reçu des prescriptions d'opioïdes chaque mois entre janvier 2018 et juin 2022. Seules les personnes de 18 ans et plus, enregistrées dans une pratique médicale particulière, ont été incluses. L'analyse a exclu toute personne avec des données manquantes sur son âge ou son sexe.
Définition des opioïdes
Les opioïdes ont été classés selon des directives officielles, englobant divers types de médicaments antidouleur. Cependant, les médocs utilisés pour traiter la dépendance n'ont pas été inclus dans l'analyse. Les spécificités sur la façon dont ces catégories ont été définies sont accessibles dans les ressources de l'étude.
Compréhension des caractéristiques de la population
D'avril à juin 2022, il y avait plus de 20 millions de patients enregistrés âgés de 18 ans et plus en Angleterre, dont plus de 1,4 million ont reçu des opioïdes, soit environ 70,6 pour 1 000 patients. Les taux de prescription ont considérablement augmenté avec l'âge. Par exemple, seulement 12,6 patients pour 1 000 âgés de 18 à 29 ans ont reçu des opioïdes, tandis que ce chiffre a grimpé à 202,8 pour 1 000 pour ceux de 90 ans et plus. En outre, les taux de prescription variaient aussi selon des facteurs socio-économiques, avec les patients des zones les moins défavorisées recevant moins souvent des opioïdes par rapport à ceux des zones les plus défavorisées.
Les données ont montré que les femmes et certains groupes ethniques, notamment ceux d'origine pakistanaise et bangladaise, recevaient aussi des opioïdes en nombre notable. Les différences dans les taux de prescription restaient même après ajustement pour l'âge et le sexe.
Parmi le petit pourcentage de patients vivant en maisons de soins, environ 1 sur 4 a reçu des opioïdes pendant cette période, ce qui représente des taux de prescription élevés dans ces établissements.
Changements dans les habitudes de prescription d'opioïdes
Taux de prescription général
Au cours de la période d'étude, le nombre total de patients enregistrés a augmenté régulièrement. Avant la pandémie, la prescription d'opioïdes était légèrement en baisse chaque mois. Fait intéressant, en mars 2020, les taux de prescriptions d'opioïdes étaient environ 7 % plus élevés que prévu, mais plus tard, en mai, les taux sont tombés en dessous des attentes.
Nouvelles prescriptions d'opioïdes
Avant la pandémie, les nouvelles prescriptions d'opioïdes étaient aussi en déclin. Cependant, pendant la période de restrictions, on a observé une baisse notable d'environ 9,8 % dans le nombre de nouvelles prescriptions émises. Cela suggère que les professionnels de santé sont devenus plus prudents quant à l'initiation de nouveaux patients sur ces médocs.
Différents types de prescriptions d'opioïdes
Certains opioïdes ne sont pas recommandés pour la gestion de la douleur à long terme ; ces opioïdes à fortes doses et à action prolongée ont vu peu de changements dans les habitudes de prescription pendant la période d'étude. En revanche, il y a eu une augmentation significative de l'utilisation d'opioïdes injectables durant les premiers mois de la pandémie. Ce pic était particulièrement prononcé en mars et avril 2020, probablement en raison d'un besoin accru de soins palliatifs pour les patients en fin de vie à cause du COVID-19.
Personnes vivant en maisons de soins
Parmi les patients vivant en maisons de soins, le nombre prescrit d'opioïdes a suivi des tendances observées dans la population générale. Au début, il y a eu une augmentation du nombre de prescriptions émises, surtout dans les premiers mois de la pandémie, suivie d'un léger déclin à mesure que la récupération commençait. Ce groupe a montré des taux plus élevés de prescriptions d'opioïdes parentéraux, reflétant les besoins de santé découlant des taux de mortalité élevés associés au COVID-19.
Différences de prescription selon les données démographiques
L'étude a aussi examiné comment la prescription variait entre différents groupes démographiques. Par exemple, les jeunes adultes (moins de 30 ans) ont connu une baisse des prescriptions pendant les restrictions, tandis que les personnes âgées vivant en maisons de soins ont vu des augmentations significatives. Notamment, il y a eu peu de changements dans la prescription selon le sexe ou le statut socio-économique, tandis que l'ethnicité et la localisation géographique semblent influencer les schémas de prescription de manière plus marquée.
Conclusions et perspectives futures
L'analyse a révélé que, bien que la prescription générale d'opioïdes en Angleterre n'ait pas changé de manière dramatique pendant la pandémie, il y a eu des réductions notables dans le nombre de nouvelles prescriptions d'opioïdes. Il est essentiel de continuer à surveiller les tendances de prescription d'opioïdes, surtout à mesure que les symptômes à long terme du COVID-19 peuvent mener à un besoin accru de gestion de la douleur.
À mesure que le système de santé continue de s'adapter aux leçons apprises de la pandémie, il y a un appel pour améliorer les pratiques de collecte et de partage de données afin de mieux comprendre et gérer les schémas de prescription de médicaments. Les résultats de cette recherche encouragent une analyse continue et le développement de stratégies pour assurer une utilisation sûre et appropriée des opioïdes au sein de la population, en particulier parmi les groupes à haut risque comme les personnes âgées et celles vivant en maisons de soins.
Titre: Changes in opioid prescribing during the COVID-19 pandemic in England: cohort study of 20 million patients in OpenSAFELY-TPP
Résumé: BackgroundThe COVID-19 pandemic disrupted healthcare delivery, including difficulty accessing in-person care, which may have increased the need for strong pharmacological pain relief. MethodsWith NHS England approval, we used routine clinical data from >20 million general practice adult patients in OpenSAFELY-TPP. Using interrupted time series analysis, we quantified prevalent and new opioid prescribing prior to the COVID-19 pandemic (January 2018-February 2020), and during lockdown (March 2020-March 2021) and recovery periods (April 2021-June 2022), overall and stratified by demographics (age, sex, deprivation, ethnicity, geographic region) and to people in care homes. OutcomesThe median number of people prescribed an opioid per month was 50.9 per 1000 patients prior to the pandemic. There was little change in prevalent prescribing during the pandemic, except for a temporary increase in March 2020. We observed a 9.8% (95%CI -14.5%, -6.5%) reduction in new opioid prescribing from March 2020, sustained to June 2022 for all demographic groups except people 80+ years. Among care home residents, in April 2020 new opioid prescribing increased by 112.5% (95%CI 92.2%, 134.9%) and parenteral opioid prescribing increased by 186.3% (95%CI 153.1%, 223.9%). InterpretationNew opioid prescribing increased among older people and care home residents, likely reflecting use to treat end-of-life COVID-19 symptoms, but decreased among most other groups. Further research is needed to understand what is driving the reduction in new opioid prescribing and its relation to changes to health care provision during the pandemic. FundingThe OpenSAFELY Platform is supported by grants from the Wellcome Trust (222097/Z/20/Z) and MRC (MR/V015737/1, MC_PC_20059, MR/W016729/1). In addition, development of OpenSAFELY has been funded by the Longitudinal Health and Wellbeing strand of the National Core Studies programme (MC_PC_20030: MC_PC_20059), the NIHR funded CONVALESCENCE programme (COV-LT-0009), NIHR (NIHR135559, COV-LT2-0073), and the Data and Connectivity National Core Study funded by UK Research and Innovation (MC_PC_20058) and Health Data Research UK (HDRUK2021.000). The views expressed are those of the authors and not necessarily those of the NIHR, NHS England, UK Health Security Agency (UKHSA) or the Department of Health and Social Care. Evidence before this studyWe searched Pubmed for publications between 1 March 2020 and 8 January 2023 using the following search terms: ("COVID-19" OR "SARS-CoV-2") AND ("United Kingdom" OR "England" OR "Britain" OR "Scotland" OR "Wales") AND ("opioid"). We also searched the reference list of relevant articles. We included research studies (excluding conference abstracts and editorials) that quantified opioid prescribing or use in the United Kingdom during the COVID-19 pandemic. Studies focussed solely on opioid substitution therapy for treatment of opioid use disorder were excluded. We identified four studies. One described opioid use among a cohort of people on a waiting list for hip or knee arthroplasty in Scotland (n=548) and found higher rates of long-term opioid use during the COVID-19 pandemic compared with historical controls. The second study quantified changes in opioid prescribing using English aggregate prescription data. This study found no changes in opioid prescribing after the start of the COVID-19 pandemic. The third study of 1.3 million people with rheumatic and musculoskeletal diseases found a decrease in new opioid users among people with certain conditions, but not in the number of overall prescriptions. The last study of 34,711 people newly diagnosed with cancer and 30,256 who died of cancer in Wales found increases in strong opioid prescribing in both populations. Added value of this studyThis is the largest study (>20 million patients) of opioid prescribing during the COVID-19 pandemic in a representative sample of the population of England. We used person-level data to quantify changes in the number of people prescribed opioids and identified that prevalent opioid prescribing changed little, with the exception of a temporary increase at the start of the first lockdown. However, we also identified meaningful reductions in new opioid prescribing. While our findings confirm previous studies quantifying variation in opioid prescribing by sex, ethnicity, region and deprivation, we showed that changes to new prescribing during the COVID-19 pandemic were experienced approximately similarly across these subgroups. The exceptions were older people and people in care homes. The latter group experienced substantial increases in new opioid prescribing (especially parenteral opioids, which are used in palliative care) coinciding with periods of greatest COVID-19 morbidity and mortality. Implications of all the available evidenceThe COVID-19 pandemic resulted in substantial disruptions to the healthcare system. Despite concerns that difficulty or delays in providing care during the pandemic may have led to shifts from non-pharmacological treatments to greater opioid prescribing, we observed no increases in prescribing prevalence in most demographic groups in England. The one major exception is people residing in care homes, where the observed prescribing patterns suggest use to treat end of life symptoms, consistent with best practice. However, our findings do not preclude increased prescribing in high risk subgroups, such as people on procedure waiting lists. Further research to quantify changes in this population is warranted.
Auteurs: Andrea L Schaffer, C. D. Andrews, A. D. Brown, R. Croker, W. J. Hulme, L. Nab, J. Quinlan, V. Speed, C. Wood, M. Wiedemann, J. Massey, P. Inglesby, S. C. Bacon, A. Mehrkar, C. Bates, B. Goldacre, The OpenSAFELY Collaborative, A. J. Walker, B. MacKenna
Dernière mise à jour: 2024-02-24 00:00:00
Langue: English
Source URL: https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2024.02.23.24303238
Source PDF: https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2024.02.23.24303238.full.pdf
Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
Changements: Ce résumé a été créé avec l'aide de l'IA et peut contenir des inexactitudes. Pour obtenir des informations précises, veuillez vous référer aux documents sources originaux dont les liens figurent ici.
Merci à medrxiv pour l'utilisation de son interopérabilité en libre accès.