Faire face au défi croissant de la résistance aux médicaments contre le VIH
Une étude examine les schémas et les facteurs de résistance aux médicaments dans le traitement du VIH.
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Table des matières
- Contexte
- Le défi de la résistance aux médicaments
- Objectifs de l'étude
- Conception de l'étude et méthodologie
- Recrutement des patients et éligibilité
- Collecte et traitement des échantillons
- Tests de résistance
- Résultats et analyse des données
- Taille de l'échantillon et résultats attendus
- Importance de surveiller la résistance
- Conclusion
- Source originale
La résistance aux médicaments contre le VIH est un souci de plus en plus grand dans la lutte contre le VIH/SIDA. Ce problème complique les efforts mondiaux pour mettre fin à l'épidémie d'ici 2030. Ces dernières années, plus de gens dans les pays à revenus faibles et moyens ont eu accès à la thérapie antirétrovirale (TAR). Malheureusement, ça a entraîné une hausse de la résistance aux médicaments, surtout aux combinaisons de médicaments courantes utilisées dans le traitement.
Contexte
Le traitement utilisé comprend généralement une combinaison de trois médicaments, notamment deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (NRTI) et un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (NNRTI). Pour de nombreux patients, ce traitement n'a pas très bien fonctionné, ce qui a conduit à un échec du traitement et au développement de résistance. En 2016, des études ont montré que dans certaines régions, plus de 10 % des personnes commençant un traitement avaient de la résistance à l'NNRTI utilisé dans ces combinaisons. Ce niveau de résistance a incité les organisations de santé à recommander des changements dans les plans de traitement.
Pour remédier à ce problème, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l'utilisation d'un nouveau médicament appelé Dolutégravir en 2019. Ce médicament est préféré pour son efficacité et sa moindre probabilité de développer de la résistance. À la mi-2022, le dolutégravir a été inclus dans les lignes directrices de traitement de plus de 100 pays.
Le défi de la résistance aux médicaments
Malgré les avantages du dolutégravir, il y a encore des préoccupations concernant le développement de résistance. Les schémas de résistance peuvent varier selon l'historique de traitement d'une personne et le sous-type spécifique de VIH qu'elle a. Par exemple, certaines mutations génétiques qui conduisent à la résistance au dolutégravir sont plus fréquentes chez les personnes qui n'ont pas été traitées avec des médicaments plus anciens par rapport à celles qui l'ont été.
Il y a encore beaucoup à apprendre sur les facteurs de risque qui contribuent à la résistance au dolutégravir. Dans les zones à ressources limitées, où les options de traitement sont restreintes, il peut y avoir une plus grande probabilité de développer une résistance en raison d'une utilisation incorrecte des médicaments et d'un manque de surveillance.
Pour mieux comprendre comment et pourquoi la résistance se développe, une étude appelée DTG RESIST a été lancée. Cette étude vise à suivre les schémas de résistance au dolutégravir et les contextes dans lesquels elle se manifeste. Elle se compose de deux parties : l'une portant sur des données déjà collectées et l'autre se concentrant sur de nouvelles données collectées auprès de patients rencontrant un échec de traitement.
Objectifs de l'étude
L'étude DTG RESIST a trois objectifs principaux :
Objectif 1 : Analyser les séquences virales et établir la prévalence et les schémas de résistance au dolutégravir chez les adultes et les adolescents vivant avec le VIH-1.
Objectif 2 : Lier les résultats de l'Objectif 1 avec des données cliniques pour identifier les facteurs associés à l'émergence de la résistance.
Objectif 3 : Évaluer l'impact des nouvelles mutations et comment elles se combinent, ce qui pourrait aider à comprendre les voies menant à la résistance.
Conception de l'étude et méthodologie
DTG RESIST est une étude multicentrique qui implique l'inscription de personnes vivant avec le VIH dans différentes régions, y compris l'Afrique subsaharienne, l'Asie, et l'Amérique centrale et du Sud. Les participants sont ceux qui ont rencontré un échec du traitement pendant une thérapie à base de dolutégravir.
Lors de la visite de l'étude, les participants donnent leur consentement éclairé et fournissent un échantillon de sang si leur Charge Virale est supérieure à 1 000 copies/mL. Les données collectées sont liées aux données de traitement VIH régulières d'un large réseau appelé IeDEA, qui surveille les programmes VIH/SIDA au niveau mondial.
Recrutement des patients et éligibilité
L'étude recrute des adultes et des adolescents âgés de 10 à 17 ans qui ont connu un échec de traitement défini par une charge virale élevée confirmée pendant la thérapie au dolutégravir. Les participants éligibles doivent être sous dolutégravir depuis au moins trois mois. Un consentement éclairé est recueilli auprès de chaque participant ou de leurs tuteurs comme l'exigent les réglementations locales.
Des données sur la santé et les caractéristiques démographiques des participants sont recueillies à l'aide d'un système sécurisé, contribuant à une base de données plus grande qui combine des données cliniques et épidémiologiques.
Collecte et traitement des échantillons
Des échantillons de sang sont collectés dans des tubes spéciaux et traités selon des directives de sécurité. Les échantillons sont stockés à des températures très basses pour préserver leur intégrité. Si le sang ne peut pas être stocké, des cartes de points de sang séché sont utilisées comme alternative. Les échantillons sont ensuite envoyés à des laboratoires spécialisés dans l'analyse virale.
Tests de résistance
L'étude utilisera des méthodes de séquençage avancées pour analyser les échantillons à la recherche de mutations génétiques associées à la résistance. Si le virus est à des niveaux faibles, seules certaines sections de gènes seront examinées. Des échantillons sélectionnés subiront des tests pour mesurer l'efficacité de la réplication du virus en présence de dolutégravir, aidant à évaluer les niveaux de résistance.
Résultats et analyse des données
L'étude utilisera deux groupes pour l'analyse :
Le premier groupe inclut tous les participants ayant rencontré un échec du traitement sur n'importe quel schéma de dolutégravir. L'accent sera mis sur l'identification des mutations de résistance aux médicaments présentes.
Le deuxième groupe inclut ceux qui ont commencé ou changé pour un schéma à base de dolutégravir et qui risquent un échec de traitement. Ici, l'accent sera mis sur la mesure du taux d'échec thérapeutique.
Différentes méthodes statistiques seront utilisées pour analyser les données, y compris la régression logistique et des modèles de survie, pour comprendre les relations entre divers facteurs de risque et les résultats du traitement.
Taille de l'échantillon et résultats attendus
Les chercheurs estiment qu'environ 1 500 personnes connaîtront un échec de traitement pendant l'étude. On s'attend à ce qu'environ 10-30 % des patients sur différentes lignes de TAR développent une résistance aux médicaments, en fonction de leur historique de traitement.
L'étude est conçue pour être suffisamment puissante pour détecter des différences entre les sous-types de VIH et identifier les facteurs de risque d'échec du traitement. Elle vise à élucider comment différentes mutations peuvent interagir et influencer la probabilité de développer une résistance.
Importance de surveiller la résistance
Suivre la résistance au dolutégravir est crucial pour maintenir un traitement VIH efficace. L'étude DTG RESIST est opportune et aborde ce problème pressant.
En rassemblant des données d'un large réseau international, l'étude vise à mettre en lumière les schémas de résistance et les facteurs sous-jacents qui y contribuent. Comprendre ces aspects est vital pour le succès à long terme des stratégies de traitement du VIH.
Conclusion
La résistance croissante aux médicaments contre le VIH représente un défi majeur pour les efforts de santé publique dans le monde entier. L'étude DTG RESIST est une initiative cruciale visant à comprendre et à aborder les complexités de la résistance aux médicaments dans le traitement du VIH. En examinant la prévalence et les causes de la résistance, l'étude cherche à s'assurer qu'un traitement efficace reste disponible pour ceux vivant avec le VIH. Les informations obtenues pourraient éclairer les stratégies futures pour lutter contre la résistance et améliorer les résultats de santé pour des millions de personnes touchées par cette maladie.
Titre: HIV-1 subtype-specific drug resistance on dolutegravir-based antiretroviral therapy: protocol for a multicentre longitudinal study (DTG RESIST)
Résumé: IntroductionHIV drug resistance poses a challenge to the United Nations goal of ending the HIV/AIDS epidemic. The integrase strand transfer inhibitor (InSTI) dolutegravir, which has a higher resistance barrier, was endorsed by the World Health Organization in 2019 for first-, second-, and third-line antiretroviral therapy (ART). This multiplicity of roles of dolutegravir in ART may facilitate the emergence of dolutegravir resistance. Methods and analysisDTG RESIST is a multicentre longitudinal study of adults and adolescents living with HIV in sub-Saharan Africa, Asia, and South and Central America who experienced virologic failure on dolutegravir-based ART. At the time of virologic failure whole blood will be collected and processed to prepare plasma or dried blood spots. Laboratories in Durban, Mexico City and Bangkok will perform genotyping. Analyses will focus on (i) individuals who experienced virologic failure on dolutegravir, and (ii) on those who started or switched to such a regimen and were at risk of virologic failure. For population (i), the outcome will be any InSTI drug resistance mutations, and for population (ii) virologic failure defined as a viral load >1000 copies/mL. Phenotypic testing will focus on non-B subtype viruses with major InSTI resistance mutations. Bayesian evolutionary models will explore and predict treatment failure genotypes. The study will have intermediate statistical power to detect differences in resistance mutation prevalence between major HIV-1 subtypes; ample power to identify risk factors for virologic failure and limited power for analysing factors associated with individual InSTI drug resistance mutations. Ethics and disseminationThe research protocol was approved by the Biomedical Research Ethics Committee at the University of KwaZulu-Natal, South Africa, and the Ethics Committee of the Canton of Bern, Switzerland. All sites participate in IeDEA and have obtained ethics approval from their local ethics committee to conduct the additional data collection. RegistrationNCT06285110 Strengths and limitations of this study DTG RESIST is a large international study to prospectively examine emergent dolutegravir resistance in diverse settings characterised by different HIV-1 subtypes, provision of ART, and guidelines on resistance testing. Embedded within the International epidemiology Databases to Evaluate AIDS (IeDEA), DTG RESIST will benefit from harmonized clinical data across participating sites and expertise in clinical, epidemiological, biological, and computational fields. Procedures for sequencing and assembling genomes from different HIV-1 strains will be developed at the heart of the HIV epidemic, by the KwaZulu-Natal Research Innovation and Sequencing Platform (KRISP), in Durban, South Africa. Phenotypic testing, Genome Wide Association Study (GWAS) methods and Bayesian evolutionary models will explore and predict treatment failure genotypes. A significant limitation is the absence of genotypic resistance data from participants before they started dolutegravir treatment, as collecting and bio-banking pre-treatment samples was not feasible at most IeDEA sites. Consistent and harmonized data on adherence to treatment are also lacking. The distribution of HIV-1 subtypes across different sites is uncertain, which may limit the statistical power of the study in analysing patterns and risk factors for dolutegravir resistance. The results from GWAS and Bayesian modelling analyses will be preliminary and hypothesis-generating.
Auteurs: Matthias Egger, M. Sauermann, T. Loosli, S. Hossmann, S. Riedo, N. Beerenwinkel, A. Jaquet, A. Minga, J. Ross, J. Giandhari, R. Kouyos, R. J. Lessells
Dernière mise à jour: 2024-05-24 00:00:00
Langue: English
Source URL: https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2024.05.23.24307850
Source PDF: https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2024.05.23.24307850.full.pdf
Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
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