Dimorphisme sexuel chez les papillons : une perspective génétique
Cet article explore les facteurs génétiques qui influencent les différences sexuelles chez les papillons.
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Table des matières
- Étude de cas : La Drosophila Melanogaster
- Les papillons comme modèles de dimorphisme sexuel
- Investigation du développement des cellules écailles
- Le rôle de Dsx dans la différenciation des écailles
- Comment Dsx influence les structures et les couleurs des écailles
- Utilisation de techniques modernes : Séquençage RNA à noyau unique
- Investigation des cibles géniques de Dsx et Bab
- L'importance de la pression sélective dans l'évolution
- Conclusion
- Source originale
Dans la nature, les différences entre les animaux mâles et femelles vont souvent au-delà de l'apparence. Ces différences de traits, surtout celles liées à la reproduction, peuvent venir d'un ensemble de gènes partagés. En gros, on voit qu'il y a un ensemble complexe de règles qui détermine comment les cellules et les tissus prennent des caractéristiques masculines ou féminines pendant le développement.
Par exemple, chez les insectes, les cellules deviennent mâles ou femelles principalement en fonction de leur composition génétique. Ça se passe par divers chemins qui mènent à l'expression de gènes spécifiques. Un gène crucial dans ce processus s'appelle Doublesex (DSX). Ce gène a différentes versions, ou isoformes, qui agissent comme des interrupteurs pour activer ou désactiver des traits associés au fait d'être mâle ou femelle. Essentiellement, la version mâle est notée DsxM, tandis que la version femelle est DsxF.
Des recherches ont montré que Dsx fonctionne dans des parties spécifiques du corps, notamment les organes reproducteurs et les cellules nerveuses, pour réguler des traits qui diffèrent entre les sexes. Il fait ça en contrôlant quels gènes sont actifs dans différentes cellules. Fait intéressant, DsxM et DsxF peuvent avoir des effets opposés sur l'expression des gènes, ce qui signifie que pendant que l'un peut activer un certain gène, l'autre peut le supprimer.
Étude de cas : La Drosophila Melanogaster
Pour mieux comprendre Dsx, les scientifiques ont étudié les mouches à fruits, en particulier Drosophila melanogaster. Dans ces mouches, DsxM et DsxF jouent des rôles contrastés dans le contrôle de la pigmentation de l'abdomen. Par exemple, DsxM inhibe l'expression d'un gène appelé Bric-a-brac (Bab), qui est impliqué dans le développement de la couleur, tandis que DsxF l'active. Cette interaction aide à expliquer pourquoi les Drosophila mâles ont des couleurs abdominales plus foncées et plus vives comparées aux femelles.
Les papillons comme modèles de dimorphisme sexuel
Les papillons présentent un autre cas fascinant pour étudier les différences sexuelles. Le papillon Orange Sulphur, Colias eurytheme, montre des différences claires entre les mâles et les femelles, surtout en ce qui concerne les motifs de couleur des ailes. Les mâles affichent une iridescence ultraviolette (UV) éclatante, que les femelles n'ont pas. Cette qualité iridescente est cruciale pour les papillons mâles pendant l'accouplement, car elle les aide à attirer leurs partenaires femelles.
Les écailles sur les ailes de ce papillon sont des extensions de cellules spécialisées. Ces cellules réagissent à la fois à des signaux spatiaux et sexuels pendant le développement pour créer les motifs colorés que nous voyons. Dans C. eurytheme, les mâles expriment différents types d'écailles par rapport aux femelles. Les écailles mâles sont structurellement uniques, ce qui donne leurs couleurs UV brillantes.
Investigation du développement des cellules écailles
Pour comprendre comment ces écailles se développent, les chercheurs examinent les précurseurs des cellules écailles. L'étude montre que les mâles possèdent deux types distincts d'écailles : les écailles iridescentes UV et les écailles lancées. Les écailles UV sont caractérisées par des structures multicouches qui reflètent la lumière d'une manière qui produit leurs couleurs vives. En revanche, les écailles lancées ont une forme et une texture uniques, ce qui peut aider à la production de parfum.
Un gène semblable à Bab, qui joue un rôle dans la pigmentation des Drosophila, est exprimé dans ces écailles mâles. Chez les mâles, Bab est silencé pendant une étape particulière du développement, permettant à la couleur UV d'émerger. Quand le gène n'est pas silencé, les femelles développent des écailles orange typiques qui manquent de la structure complexe permettant la réflexion UV.
Le rôle de Dsx dans la différenciation des écailles
Le gène Dsx reste un point central d'étude tandis que les chercheurs examinent son rôle dans le développement des ailes des papillons. Quand Dsx est perturbé, cela conduit à la perte de traits d'écailles distincts. Dans des expériences, le knockout de Dsx fait que les papillons mâles et femelles présentent des traits intersexes. Cela met en évidence l'importance de Dsx dans l'établissement de différences claires entre les caractéristiques masculines et féminines.
Chez les mâles, Dsx est crucial pour l'expression de traits d'écailles spécifiques, comme les écailles lancées, tandis que chez les femelles, Dsx aide à maintenir le type d'écailles orange typiques. La perte de DsxM ou DsxF altère les schémas de développement habituels, ce qui indique que les deux variantes de gènes sont critiques pour maintenir les différences sexuelles.
Comment Dsx influence les structures et les couleurs des écailles
L'étude révèle également comment Dsx régule l'expression d'autres gènes impliqués dans la couleur et la structure des écailles. Chez les femelles, DsxF inhibe le développement des écailles UV grâce à son interaction avec Bab, s'assurant que les femelles conservent leurs motifs de couleur plus atténués. Chez les mâles, DsxM favorise le développement d'écailles uniques qui contribuent à leur apparence vive.
Pour mieux comprendre la structure des écailles, les chercheurs ont utilisé diverses techniques d'imagerie pour visualiser les différences. Cela a permis d'identifier des caractéristiques uniques dans les écailles mâles qui sont absentes chez les femelles. Par exemple, l'espacement des crêtes dans les écailles varie considérablement entre les sexes, ce qui est essentiel pour la réflexion de la lumière et les couleurs iridescentes qui en résultent.
Utilisation de techniques modernes : Séquençage RNA à noyau unique
La complexité du développement des ailes chez les papillons a amené les chercheurs à adopter des techniques modernes comme le séquençage RNA à noyau unique pour analyser les différents types de cellules présents. Cette méthode permet d'examiner des cellules individuelles, offrant un aperçu détaillé des expressions géniques qui caractérisent divers types d'écailles.
Grâce à cette technique, les scientifiques ont pu identifier plusieurs groupes distincts de cellules basés sur leurs profils d'expression génique. Cela rend possible le suivi du développement des cellules écailles à différentes étapes du développement pupal. Les résultats mettent en lumière la diversité des types cellulaires, dont certains sont responsables de la création de traits spécifiques aux mâles.
Investigation des cibles géniques de Dsx et Bab
En plus d'examiner comment Dsx et Bab interagissent, les chercheurs ont également étudié les cibles géniques potentielles que ces protéines régulent. En profilant les sites de liaison de Bab à travers une technique appelée Imunoprécipitation de chromatine suivie de séquençage (ChIP-seq), les scientifiques peuvent identifier des gènes potentiels impliqués dans le développement des écailles UV et lancées.
Les résultats ont montré de nombreux gènes avec des sites de liaison pour Bab, indiquant qu'il joue un rôle dans la régulation de plusieurs cibles en aval impliquées dans la formation et la couleur des écailles. Des gènes associés à des protéines structurelles et à la pigmentation ont été identifiés comme de probables candidats que Bab influence.
L'importance de la pression sélective dans l'évolution
L'étude de C. eurytheme est également significative pour comprendre l'évolution et le rôle de la pression sélective. Cette espèce de papillon coexiste avec une autre espèce, C. philodice, qui n'a pas les traits UV. En comparant la composition génétique des deux espèces, les scientifiques peuvent identifier des gènes uniques à C. eurytheme qui ont pu subir des vagues de sélection, indiquant des avantages évolutifs liés à la coloration UV.
Les résultats suggèrent que des gènes spécifiques, soumis à différentes pressions environnementales, peuvent conduire au développement de traits uniques qui définissent des espèces. Cet aspect est crucial pour comprendre comment le dimorphisme sexuel en coloration et en structure évolue en réponse aux pratiques d'accouplement et à la prédation.
Conclusion
L'exploration du dimorphisme sexuel chez les papillons, notamment à travers le prisme de Dsx et Bab, fournit des aperçus critiques sur la biologie du développement et l'évolution. En comprenant les mécanismes moléculaires en jeu, les chercheurs peuvent mieux apprécier comment des traits complexes apparaissent et changent au fil du temps. Cette enquête scientifique souligne la relation complexe entre génétique, développement et évolution des espèces. La recherche en cours promet de mieux percer les mystères de la manière dont les organismes vivants s'adaptent et se différencient dans leurs environnements.
Titre: Single-nucleus transcriptomics of wing sexual dimorphism and scale cell specialization in sulphur butterflies
Résumé: The evolution of sexual secondary characteristics necessitates regulatory factors that confer sexual identity to differentiating tissues and cells. In Colias eurytheme butterflies, males exhibit two specialized wing scale types -- UV-iridescent (UVI) and lanceolate scales -- absent in females and likely integral to male courtship behavior. This study investigates the regulatory mechanisms and single-nucleus transcriptomics underlying these two sexually dimorphic cell types during wing development. We show that Doublesex (Dsx) expression is itself dimorphic and required to repress the UVI cell state in females, while unexpectedly, UVI activation in males is independent from Dsx. In the melanic marginal band, Dsx is required in each sex to enforce the presence of lanceolate scales in males, and their absence in females. Single-nucleus RNAseq reveals that UV-iridescent and lanceolate scale cell precursors each show distinctive gene expression profiles at 40% of pupal development, with marker genes that include regulators of transcription, cell signaling, cytoskeletal patterning, and chitin secretion. Both male-specific cell types share a low expression of the Bric-a-brac (Bab) transcription factor, a key repressor of the UVI fate. Bab ChIP-seq profiling suggests that Bab binds the cis-regulatory regions of gene markers associated to UVI fate, including potential effector genes involved in the regulation of cytoskeletal processes and chitin secretion, and loci showing signatures of recent selective sweeps in an UVI-polymorphic population. These findings open new avenues for exploring wing patterning and scale development, shedding light on the mechanisms driving the specification of sex-specific cell states and the differentiation of specialized cell ultrastructures.
Auteurs: Arnaud Martin, L. S. Loh, J. J. Hanly, A. Carter, M. Chatterjee, M. Tsimba, D. N. Shodja, L. Livraghi, C. R. Day, R. D. Reed, W. O. McMillan, G. A. Wray
Dernière mise à jour: 2024-10-12 00:00:00
Langue: English
Source URL: https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2024.10.10.617718
Source PDF: https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2024.10.10.617718.full.pdf
Licence: https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/
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